Le magazine Valeurs Actuelles, dans son numéro de mars 2025, affiche une une marquante : Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune en pleine discussion, avec un titre provocateur et lourd de sous-entendus : “Le poison algérien”. Cette phrase-choc ne se contente pas de suggérer un désaccord politique ou une tension diplomatique : elle insinue l’idée d’un danger pernicieux, présent à la fois à l’extérieur et à l’intérieur des frontières françaises.
Une relation diplomatique fragile, marquée par des cycles de crispation
Les relations entre Paris et Alger ont toujours été complexes, oscillant entre rapprochement stratégique et tensions profondes. Héritées d’un passé colonial douloureux, ces relations restent marquées par une mémoire non apaisée, des enjeux migratoires sensibles et des intérêts géopolitiques parfois contradictoires.
Ces dernières années, plusieurs dossiers ont alimenté l’instabilité du dialogue : réduction des visas octroyés par la France, expulsions (OQTF), propos jugés condescendants ou provocateurs de part et d’autre, mais aussi désaccords sur le traitement des questions mémorielles. La France semble vouloir tourner la page de son passé colonial sans réellement assumer ses responsabilités historiques, tandis que l’Algérie maintient une attitude de fermeté souverainiste, refusant toute ingérence perçue.

Une tentative de reprise du dialogue diplomatique
Dans ce contexte, la prochaine visite annoncée du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, en Algérie, revêt une importance cruciale. Son objectif : désamorcer les “mines” diplomatiques qui empoisonnent la relation entre les deux pays. Une cellule de crise a d’ores et déjà été mobilisée au Quai d’Orsay, chargée de préparer les dossiers sensibles et l’agenda de cette rencontre.
Mais cette mission reste suspendue à une condition essentielle : le feu vert d’Alger. Le simple fait que cette visite soit encore en attente de validation témoigne du déséquilibre de confiance et du caractère hautement stratégique de cette relation bilatérale. Alger souhaite désormais être traitée en partenaire égal, et non plus en ancien colonisé.
Un partenariat vital malgré les tensions
Au-delà des différends, la coopération franco-algérienne reste essentielle dans plusieurs domaines : la lutte contre le terrorisme au Sahel, les flux migratoires en Méditerranée, les échanges commerciaux, la question énergétique, et la présence d’une importante diaspora algérienne en France.
Mais pour que cette coopération fonctionne, encore faut-il sortir des logiques de mépris, des sous-entendus idéologiques et des provocations médiatiques. C’est tout l’enjeu des prochains mois : parler d’égal à égal, apaiser les mémoires blessées, et construire un partenariat fondé sur le respect mutuel.